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:: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est ::

 
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Auteur Message
Cedric

Serdaigle


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Inscrit le: 18 Mar 2014
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Niveau: 5e année
Serdaigle
MessagePosté le: Lun 1 Sep - 17:05 (2014)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est Répondre en citant

Voilà une fiction que je poste ici en partie à la demande de Scorpius, j'espère qu'elle vous plaira ! Très Content

Citation:
Citation:
Chapitre 1

 
 
Un vent glacial vint lui frapper le visage lorsqu'il sortit de sa maison. Son écharpe faillit s'envoler et il s'en fallut de peu pour qu'il ne laisse pas son bonnet faire de même. On était au mois de Juin, et pourtant, de gros nuages noirs s'amoncelaient dans le ciel.
Une goutte vint lui éclabousser le front. Le vent redoubla de violence. Et bientôt, c'était une véritable averse qui lui tombait dessus. La tempête faisait rage depuis plusieurs mois maintenant. Mais il ne prêtait même plus attention à ces dérèglements météorologiques à présent. Toutes ces anomalies étaient rentrées dans sa vie.

Le garçon passa sur un pont dont une barrière avait été arrachée par la tempête. En bas, la rivière avait triplé de volume, et inondé les quais et habitations les plus proches. Il passa en trombe devant un lampadaire aux lumières grésillantes qui penchait dangereusement vers lui, puis arriva enfin au bout du pont qui le séparait de l'arrêt de bus.

Les lumières ne fonctionnaient évidemment plus, si bien que le jeune homme se retrouva presque dans le noir complet lorsqu'il alla s'abriter sous l'abribus. Un arbre masquait le peu de lumière qu'auraient pu lui procurer les réverbères environnants. Quelques voitures passaient de temps en temps, mais rien à voir avec le trafic habituel de la Haute Ville. Tout le monde devait encore dormir.

La lumière verte caractéristique d'un autobus pointa au loin. Il agita sa carte luminescente pour que le chauffeur s'arrête. Il était temps. Grelottant, le garçon s'engouffra dans le bus à la chaleur réconfortante, et après un vague « Bonjour » au conducteur, alla s'asseoir à l'arrière du bus, entièrement vide à cette heure-ci. Personne de son collège n'habitait dans le quartier ouest de la ville, considéré comme le plus à plaindre de la Haute Ville. Certes, il n'avait rien à voir avec la Basse Ville, dans laquelle les gens vivaient dans des conditions catastrophiques.

Après quelques instants, le bus freina un peu plus fort que d'habitude, et il sortit de son demi-sommeil – il n'avait presque pas eu le temps de dormir – et s'aperçut que le prochain arrêt était le sien. Il appuya sur le bouton : « Arrêt du bus » et replongea dans ses pensées.

Lorsque le bus s'arrêta une nouvelle fois, il quitta la lumière artificielle du bus pour se retrouver de nouveau dans la pénombre que donnaient les nuages. Le jeune homme marcha quelques instants sous la pluie qui faisait toujours rage, jusqu'à un grand et imposant bâtiment. Son collège. Il le détestait. Ses parents lui disaient qu'il avait une chance inouïe de pouvoir étudier ici, qu'il devait prendre ses études très au sérieux... Mais c'était plus fort que lui. Il ne voulait pas travailler. Ce qu'on lui apprenait à l'école était complètement idiot et il ne voyait vraiment pas l'intérêt de l'apprendre.

D'autres collégiens et lycéens attendaient sur les marches du bâtiment. Il chercha un ami, un visage connu. Mais rien. Ils n'étaient peut être pas encore arrivés.

Deux dernière classe s'esclaffaient bruyamment en bas des marches. Puis, plus haut il y avait des seconde classe, en train de réviser fébrilement leurs cours. Mais pas de trace de la quatrième classe dans laquelle il travaillait. Un professeur entra en trombe, encore plus trempé que lui. Mais il avait un parapluie, lui.

Puis, les portes s'ouvrirent. Les seconde classe entrèrent immédiatement, bientôt suivis par quelques nouveaux arrivants, et les dernière classe qui continuaient à rire bêtement. Après un instant d'hésitation, il consentit finalement à les suivre.

Après avoir traversé un long couloir et avoir gravi d'autres marches, il déboucha dans la cour du collège/lycée. Il dénicha un banc libre et s'assit, guettant l'arrivée d'un ami.

Il commençait à s'impatienter à mesure que la cour se remplissait d'élèves, quand une silhouette se dirigea droit sur lui. Il la reconnut au premier coup d’œil.

Alicia était une fille qui était dans la même classe que lui. C'était une des seules personnes du collège qu'il appréciait. Elle s'assit à côté de lui en lançant :


« Joyeux anniversaire Aren ! »


Un déclic se fit dans son cerveau. Son anniversaire. Il avait complètement oublié que c'était aujourd'hui. « Enfin une bonne nouvelle dans toute cette grisaille. » Se dit-il.

La tempête et les nuages embrouillaient ses pensées, comme une soupe qu'on mélangerait inlassablement.



« Merci Alicia. » Finit-il par répondre, en esquissant un sourire.



La cloche sonna alors, et les deux collégiens de 4ème classe partirent se ranger devant la salle de classe d'histoire. Une douce chaleur enveloppa Aren, et il put enfin enlever son bonnet et son éternelle écharpe.

Le professeur d'Histoire, Mr Vitron, fit alors son apparition en ouvrant grand la porte de sa classe. Aren l'avait toujours détesté, et il avait l'impression que l'amour qu'il portait à son professeur était réciproque. Il alla donc, sans un regard pour lui, s'installer au fond de la classe, à côté d'Alicia.

Mr. Vitron se lança alors dans un monopole tout à fait inintéressant sur les anciennes lois du XXIème siècle... Le seul avantage de la classe d'Histoire était qu'elle était la plus haute du collège, et qu'on avait ainsi une vue imprenable sur la ville.

Faisant mine de prendre des notes de temps en temps, et s'appuyant nonchalamment contre la vitre glacée de buée, Aren avait tout l'air d'un élève lambda que les cours ennuient quelque peu. Mais il n'écoutait strictement rien au cours, et regardait ce qu'il se passait par la fenêtre.

En bas, sur la place de l'église, c'était jour de marché. Les paysans venaient des campagnes alentours pour vendre leurs produits à la ville. Il se demanda si sa mère y était, en ce moment. Sûrement.
A travers la vitre, Aren pouvait presque sentir les effluves de la viande du boucher en train de rôtir, des sardines et des poissons sur leur étal, ou encore des légumes d'où émanait une forte odeur de terre. L'activité était intense en bas. Tout le monde parlait, marchait dans tous les sens, des oies marchaient au milieu des allées.

Des fois Aren aurait voulu changer de vie. Fuir la ville. Tout abandonner, les études, tout. Vue du haut de la classe d'histoire, la campagne avait l'air bien plus agréable que la ville, avec ses lois si strictes, si cruelles. Il regarda un moment au delà de la ville, où tout n'était que verdure. Des petits villages se nichaient autour des cours d'eau, leur cheminée fumante se perdant dans le vent et la pluie.

Oui, plus tard Aren irait vivre là bas. Loin de tous soucis, et de tous ces gens complètement idiots et cruels qui ne pensaient qu'au pouvoir et à eux.

La cloche qui annonçait la fin du cours tira Aren de sa rêverie. Il remit ses affaires dans son sac trempé de pluie (il faudrait qu'il pense à acheter une housse un de ces jours) et partit vers la salle de Français, sur les talons d'Alicia.


* * * * *
 
 
Les cours du matin passés Aren et Alicia se dirigèrent vers le réfectoire. Aren guettait toujours quelqu'un, mais apparemment, il ne se montrait pas.

Une fois servis (Aren avait choisi, parmi les différents plats proposés, un chili con carne, accompagné d'un melon en entrée et d'un fromage blanc pour le dessert.) ils entrèrent dans le réfectoire, immense salle dans laquelle le moindre son résonnait d'une manière assourdissante (l'architecte n'avait pas dû être le meilleur de la ville), et s'installèrent à une table qui jouxtait une fenêtre, depuis laquelle on pouvait apercevoir l'autre côté de la ville, et plus particulièrement la Basse-Ville.

Aren aurait voulu n'importe quoi, sauf vivre dans la Basse-Ville. Elle était habitée par des gens malhonnêtes et des voleurs et les conditions de vie devaient être absolument épouvantables, étant donné les choses qu'Aren avait déjà pu observer. Les maisons étaient minuscules et menaçaient à tout moment de tomber en ruine, les vêtements des gens étaient sales et miteux, et enfin, les quartiers de la Basse-Ville étaient les plus facilement inondables en période de crue. En somme,en ce moment même, ses habitants devaient patauger continuellement dans la boue.

En regardant plus en détails, Aren vit une femme à l'air mal en point qui ouvrait une porte, sortant d'une maison inondée. De l'eau jusqu'aux genoux, elle tentait tant bien que mal de sortir les objets fragiles de sa maison pour les mettre dans une sorte d'embarcation dans laquelle étaient entreposées des piles d'objets, en équilibre précaire. Elle bascula soudain en avant et s'étala dans l'eau, inconsciente. Le manque de sommeil avait eu raison d'elle.

Aren détourna les yeux avec un haut le cœur, et finit de manger en silence.


* * * * *
 
 
A la sortie des cours, Aren perdit Alicia dans le tourbillon d'élèves qui se dirigeait vers la sortie. Qui-plus-est, il faillit tomber plus d'une fois en descendant les marches. Et c'est seul qu'il retourna à l'arrêt de bus, toujours dans la pluie et la grisaille.

Arrivé devant chez lui, Aren tenta d'ouvrir la porte de l'appartement dans lequel ils vivaient, lui, ses parents, et ses deux frères. Impossible. Très bien. Ses parents n'étaient pas encore rentrés. Il sortit ses clés et ouvrit. La pièce était plongée dans la pénombre, comme chaque soir, aussi Aren alla faire sa « tournée des lumières », durant laquelle il allumait toutes les lampes de la maison pour y voir plus clair. Une fois cela fait, le jeune homme se laissa tomber dans le canapé et attendit. Il n'avait pas envie de faire ses devoirs, pas maintenant.

Au bout d'un instant, lassé d'attendre que quelqu'un arrive, Aren ouvrit la baie vitrée et sortit sur la terrasse. Il goutta l'air frais qui s'était installé sur la ville. Pendant un court moment, le vent et la pluie s'étaient enfin arrêtés, et c'était chose très agréable que de pouvoir sortir sans parapluie, bonnet ou écharpe. Mais le ciel toujours uniformément gris présageait d'autres averses pour les prochaines heures. L'odeur d'eau de pluie omniprésente dans l'atmosphère était elle aussi habituelle maintenant, et Aren n'y prêtait plus non plus grande attention.

Aren baissa la tête pour regarder les passants. Comme d'habitude à cette heure là, une foule se pressait dans la rue. Tout le monde rentrait chez soi.

Une silhouette familière se découpa parmi les autres. Une silhouette qu'Aren pouvait reconnaître parmi toutes. Son cœur bondit dans sa poitrine.



« Léo ! » Cria-t-il par dessus la balcon. « Monte ! »



Le garçon se dirigea vers la porte de l'immeuble, et, quelques minutes plus tard, il était devant la porte.
Aren lui ouvrit, il entra.



« Salut ! Lança-t-il.


- Pourquoi tu n'es pas venu en cours ? Le questionna l'autre.


Léo lui indiqua d'un signe de tête un gros plâtre qui entourait son bras droit.


- Ah. Répondit-il simplement. Comment tu t'es fait ça ? Poursuivit-il.


- Chute d'escalier, lui dit-il, avec un sourire. Tiens au fait, joyeux anniversaire ! »


Et sûr ce, il l'embrassa.






 
 
 
Citation:
Chapitre 2
 
 
Un cri strident se fit entendre derrière eux. Léo relâcha son étreinte pour regarder qui avait hurlé, mais il s'attendait déjà au pire. Devant la porte, se tenaient le petit frère d'Aren, et sa mère, qui revenaient de la crèche. Bouche-bée, celle-ci les regardait comme si elle avait vu le diable en personne. Le petit garçon affichait la même expression figée sur son visage. Ils en restèrent un moment là, se fixant durant une minute qui lui parut durer une éternité, puis la mère d'Aren se mit enfin à réagir et alla enfermer le bambin dans sa chambre, située au fond de l'appartement.

Aren, qui avait senti lui aussi que les événements allaient prendre une tournure inquiétante, se décida enfin à parler :

« Bon ben... au revoir alors... On se revoit demain au collège, si tout se passe bien... »

Si tout se passe bien... Sauf que tout n'allait pas bien se passer, pas bien du tout, même. Léo partit donc, en lui adressant un timide signe de sa main valide, et referma la porte, avant que la mère d'Aren ne soit de retour. En descendant la cage d'escalier, il entendit des éclats de voix et des cris provenant de la pièce qu'il avait laissée quelques secondes avant.

Non. Tout n'allait pas bien se passer. Il en était certain maintenant.



* * * * * 

Lorsque Léo sortit enfin du bus bondé pour rejoindre son immeuble, il appréhendait la réaction de ses parents. Quelle serait leur réaction lorsqu'ils apprendraient l'existence de cette relation cachée ? Car la mère d'Aren n'allait pas garder ça pour elle. Elle allait forcément en parler. Et en priorité à ses parents.

Les parents des deux garçons étaient amis depuis que Léo et Aren avaient commencé à jouer ensemble en maternelle. Mais ils avaient toujours dû penser que les deux enfants étaient juste amis. C'était une toute autre relation qui s'était établie entre eux.

Tout avait commencé en cinquième classe, par une journée particulièrement glaciale. Léo était venu chez Aren, leurs cours finissant plus tôt que prévu. Ils prévoyaient de faire leurs devoirs. Arrivés chez son ami, ils avaient préparé des chocolats chauds, et c'était à ce moment qu'Aren le lui avait dit. Alors ils s'étaient embrassés. Sa première fois. Léo savait que ce baiser avait en quelque sorte, brisé sa liberté. Désormais, ils devraient vivre dans le secret, et dans la menace constante que celui-ci soit découvert.

Évidemment, ils n'en avaient informé personne. Les lois étaient formelles : L'homosexualité était condamnée de manière très stricte par le conseil de justice.

Ils avaient gardé ce secret au plus profond d'eux même, durant ces dernières années. Et aujourd'hui, tout avait raté.

Consterné, et de plus en plus mal, Léo rentra chez lui. Apparemment, personne n'était là. Tant mieux. Il se glissa dans sa chambre, se laissa tomber sur son lit, et se saisit de son téléphone portable.

Il avait décidé de faire l'état des choses avec Aren. Après tout, peut être sa mère allait-elle réussir à tenir sa langue et allaient-ils réussir à continuer de mener une petite vie tranquille ? Il en doutait fortement mais savait-on jamais, il y avait des miracles...
Il tapa du doigt sur la case « Aren » dans ses contacts, puis tapa précipitamment les mots suivants :



« Dans ta chambre ? »



Un petit tweet lui répondit presque immédiatement qu'Aren avait répondu et il put lire ces trois lettres :



« Yep. »



« Tout va bien ? » Continua-t-il de taper fébrilement.



Cinq minutes de silence suivirent, puis un long message d'Aren apparut alors :



« Ça va. Ma mère l'a très mal pris sur le coup, mais elle a fini par assimiler la chose, et elle a décidé qu'elle garderait ça secret. Elle m'a quand même dit que c'était totalement irresponsable de ma part et que je mettais toute ma famille en danger avec cette histoire.Mon petit frère ne sait pas ce que c'est, au moins un qui ne nous embêtera pas de ce point de vue là, et mon père n'est pas rentré. »



Léo lui répondit immédiatement.



« S'il te plaît, peux-tu lui demander de ne pas en parler à mes parents, et surtout pas à mon père ! Tu sais la place qu'il occupe au tribunal... »



Le père de Léo était juge suprême au tribunal de la Haute-Ville, homophobe jusqu'au bout des dents. Le genre de personne qu'il ne faut pas avoir comme père dans ce cas là.

Un petit tweet lui rappela qu'Aren était toujours en conversation avec lui, et il consulta l'écran de son portable :



« Oui, évidemment, no problem. Je file lui dire, elle comprendra. »



Léo répondit par un rapide « OK, à demain au collège alors ! », et s'allongea sur son lit. Il n'avait plus envie de parler avec Aren, il voulait simplement se reposer un peu.

Il ne pouvait pas annoncer la nouvelle à ses parents, c'était absolument impossible. Mais s'ils l'apprenaient par surprise à cause d'une fuite ? Ce serait encore pire. Mais il n'y aurait pas de fuite. Tout allait bien se passer. Tout allait bien se passer...

Léo était sur le point de s'endormir quand il entendit un bruit de porte qui s'ouvre au rez-de-chaussée. Sa mère. Léo hésita un moment, puis, finalement, changea de position et tourna ostensiblement le dos à la porte. Non, il n'allait rien lui dire.



* * * * * 
Léo était dans un champ. Les relents de pollution de la Haute-Ville avaient disparu, laissant place à des odeurs plus délicieuses les unes que les autres. L'herbe s'agitait doucement au gré du vent, et une douce lumière semblait émaner du champ. Au loin, quelques montagnes ajoutaient du charme au paysage, et il était là marchant vers lui. Léo courut vers lui. Ils allaient bientôt se croiser, quand un bruit strident lui transperça les oreilles. Léo s'éveilla en sursaut et manqua de tomber de son lit. Il allait vraiment falloir qu'il change ce réveil, dont la sonnerie était définitivement trop violente.

Il bâilla et s'étira un moment, puis consentit enfin à sortir du lit. Il entra d'une démarche gauche dans la salle de bain, et entreprit, difficilement comme toujours, de coiffer ses cheveux ébouriffés par la nuit.
Une fois habillé, il descendit les marches de l'escalier, plus assurément cette fois, et alla prendre son petit déjeuner. Il fallait s'y attendre, personne ne s'était levé. Il nota cela comme une bonne nouvelle. Il avala en vitesse un chocolat qu'il ne trouva bouillant qu'une fois qu'il l'eût bu, et une tranche de pain beurrée.

Une fois qu'il fut allé chercher ses affaires, restées dans sa chambre, Léo quitta la maison en vitesse, et referma la porte à clef. Il regretta aussitôt ce geste. On aurait dit que les éléments s'étaient déchaînés pour accueillir son retour au collège. Une averse de grêle tombait en continu sur la Haute-Ville, provoquant un vacarme prodigieux. La foudre illuminait le ciel et le tonnerre grondait. La rivière devait évidemment avoir une fois de plus débordé, et Léo n'osait même pas penser à ce qu'enduraient les gens de la Basse-Ville.

Léo rentra immédiatement chez lui chercher un parapluie. Il allait encore être en retard !

C'est alors qu'il vit avec horreur que les grêlons, de plus en plus gros d'ailleurs, avaient creusé une énorme fissure dans la chaussée, déjà fragilisée par les dernières tempêtes. Il ne fallait pas que quelqu'un marche là, surtout pas. Après le trottoir, les barrières protégeaient d'un à-pic qui tombait directement sur la Basse-Ville. Mais la rue de Léo était une rue passante, et il était très probable que, avant que le jour ne se lève et que la fissure ne soit plus visible, une voiture ait le temps de tomber dans le précipice.

Léo ne savait que faire, impuissant devant le drame qui allait sûrement se passer. Il décida donc de s'en retourner chez lui, les grêlons devenant vraiment trop dangereux pour qu'il reste dehors.

Il ouvrait la porte, et s'apprêtait à rentrer à l'intérieur, bien au chaud, lorsqu'une voiture déboula dans l'allée, et fonça droit sur le morceau de route fissuré. Léo lui fit de grands signes de la main, essayant de lui indiquer qu'il fallait faire un écart pour éviter le piège mortel.

L'homme qui conduisait la voiture ne l'entendit pas de cette oreille, croyant sans doute que Léo était un idiot qui s'amusait à faire des signes grotesques aux conducteurs, et fonça droit sur la fissure, invisible sous la densité impressionnante de grêlons. Le garçon assista alors avec impuissance à une horrible scène : le pan de falaise se détacha sous le poids de la voiture, et celle-ci bascula dans le vide, sans un bruit, bien vite noyée dans le vent et la grêle.

Quelqu'un poussa un cri de l'autre côté de la route. Une femme, abritée par l'arrêt de bus, avait observé la scène, elle aussi. Elle rabattit sa capuche sur sa tête et s'en fut dans les profondeurs de la nuit, encore présente sur la mégapole.

Léo rentra immédiatement chez lui, et s'effondra sur le canapé du salon, trop secoué par les événements qui venaient de survenir.


 
 
 
Citation:

Chapitre 3
 
 
Aren n'écoutait pas le professeur de musique. C'était dans ses habitudes, mais normalement, il prenait une note de temps en temps... Là, rien. Ses pensées étaient toutes dirigées vers une seule personne : Léo. Pourquoi n'était-il pas là ? Il lui avait pourtant promis qu'il viendrait ! Il était vrai que beaucoup d'élèves avaient profité de l'averse de grêle pour sécher les cours, mais Léo n'était pas comme ça. Il avait dû lui arriver autre chose. La journée avait passé d'une manière particulièrement lente, et il n'était pas venu. Lors de tous les cours, Aren avait guetté son portable, caché dans sa trousse, dans l'espoir d'un message, mais rien. Le cours de musique était le dernier de la journée, et Aren avait hâte d'en être enfin libéré. Pourquoi leur apprenait-on la musique ? Cela ne servait strictement à rien.

Au bout d'un très, très long moment, la cloche de fin des cours sonna enfin, et Aren se rua dans le couloir avec tous les autres élèves de la classe. Il allait enfin savoir ce qu'il se passait. Le jeune homme se dirigea immédiatement vers l'arrêt de bus à sa gauche, et consulta les horaires. Un bus allait passer dans trois minutes.

Pendant les cours de l'après-midi, la tempête s'était calmée. Les grêlons avaient disparu, remplacés par une fine bruine, et le ciel s'était quelque peu éclairci. Les nuages anthracites avaient laissé place à un ciel d'un gris perle uniforme. La grêle avaient fait de sérieux dégâts aujourd'hui. Partout, Aren pouvait voir des vitres de voitures fissurées, des tuiles et des ardoises brisées sur le trottoir, des oiseaux morts, même.

Lorsque le bus s'arrêta dans une rue perpendiculaire à celle de Léo, il courut vers celle-ci. Son cœur battait deux fois plus vite que normalement, il avait peur. Et si l'absence de Léo était liée à l'événement d'hier ? Et si, d'une quelconque manière, les autorités avaient été averties de leur relation cachée ? Aren redoubla de vitesse.

Ce n'est que quand il déboucha sur l'allée dans laquelle la famille de Léo avait élu domicile qu'il le vit. Le gouffre. Le morceau de route et de trottoir arraché à la montagne sur laquelle la ville était construite. Son cœur cessa de battre un moment. Non, c'était impossible. Aren courut vers la maison de Léo. Il fallait qu'il en ait le cœur net. Il sonna, et la mère de Léo vint lui ouvrir.



« Tiens, bonjour Aren ! Lui dit-elle en ouvrant grand la porte.



- Bonjour madame, est-ce que Léo est là ? Demanda-t-il d'un air hésitant.



- Oh oui, bien sûr, tu veux lui parler ? Il est dans sa chambre ! »



Un immense soulagement s'empara d'Aren et il poussa un long soupir. Sans plus attendre, il monta l'escalier qui menait à la chambre de Léo. Celui-ci était allongé sur son lit, un lecteur MP3 vissé sur les oreilles. En voyant le garçon faire irruption dans la chambre, il sursauta, et ôta ses écouteurs pour les ranger dans sa poche.



« Salut ! Dit-il simplement.



- Salut ! Répondit Aren. Pourquoi tu n'étais pas là en cours aujourd'hui, encore ton bras dans le plâtre ?


- Oh non, c'est autre chose", aujourd'hui, soupira Léo.


Et il lui exposa en détails sa mésaventure du matin.


"Du coup, termina-t-il, ma mère a dit que je devais rester à la maison aujourd'hui, car sur le coup j'ai fait une sorte de malaise, un peu à cause de la fatigue aussi. Et elle a dit que de toutes façons, avec mon bras dans le plâtre, je ne manquerai pas grand chose..."


- N'empêche que tu m'as fait une peur bleue ! Lui lança Aren d'un air accusateur. J'ai cru que c'était toi qui étais tombé dans le précipice ! »


Il était heureux. Tout allait bien. Léo était sein et sauf, et leur secret était toujours bien gardé. Quelque chose toute fois semblait préoccuper Léo.



« Qu'est-ce qui ne va pas ? S'enquit-il.

 
- C'est cette femme que j'ai vu s'enfuir, ce matin. Elle ne me dit rien qui vaille.


 - Arrête de t'inquiéter pour rien, lui dit-il. Qu'est-ce qu'elle aurait pu faire qui nous concernerait ?


 - Je n'en sais rien, répondit Léo. J'ai juste un mauvais pressentiment."



* * * * * 

Juma avait attendu toute la journée dans cette stupide salle d'attente. Chaque fois les autres avaient des « affaires urgentes à traiter avec le maître » et lui passaient devant sans ménagement. Elle commençait à en avoir marre de ces histoires. Elle aussi avait une affaire urgente à traiter avec le maître. Oh, elle avait bien essayé de négocier un peu avec les autres, mais ils ne voulaient rien entendre. Ils lui lançaient des « Désolé Juma mais c'est mon tour ! » et s'engouffraient dans le couloir qui menait au bureau du maître.

Enfin, quelqu'un vint ouvrir la salle d'attente. La femme de ménage aux cheveux roux qui entra sursauta.


« Tiens, il y a encore quelqu'un ici ? S'étonna-t-elle.


 - Évidemment... » Grommela la jeune femme.


Et sans plus attendre, elle sortit de cette salle de malheur d'un air rageur.

Le couloir qui menait au bureau du maître était un petit corridor miteux, la tapisserie tâchée et déchirée laissant voir les murs par endroits. Le plancher grinçait, et l'on voyait bien que le plafond n'avait pas été dépoussiéré depuis un bout de temps. Mais Juma était habituée à cette maison pourrie au fil du temps. Elle arrivait même à lui trouver quelque chose d'attachant, parfois. C'était un des désavantages de vivre dans la guilde clandestine de magie de Jerawen.

Juma arriva enfin devant une porte au heurtoir doré qui, avec les années, avait perdu de sa superbe, la peinture s'étant écaillée à plusieurs endroits. Elle frappa, et entra. Elle déboucha sur une minuscule pièce, dont chaque centimètre carré semblait être occupé par des livres. Des gros grimoires poussiéreux aux dictionnaires, en passant par les manuels d'entretien de plantes exotiques, il y en avait pour tous les goûts.

Au milieu de la pièce, derrière un bureau datant d'un autre âge, assis dans un fauteuil de velours violet, trônait le maître. Leur chef. Celui à qui Juma devait sans doute la vie.



« Tiens, bonjour Juma. Qu'est-ce qui t'amène ? Questionna-t-il d'une voix doucereuse.


- Voilà maître, j'ai vu quelque chose d'étonnant ce matin, je voulais vous en parler...


- Vas-y. Répondit-il. Tu as intérêt à avoir quelque chose d'important à me dire, j'ai fini ma journée normalement !


Juma fulminait intérieurement. Quel culot il avait, de lui dire ça, elle qui avait passé sa journée dans la salle d'attente rien que pour le voir ! Elle arriva tout de même à se contrôler, et poursuivit, peut être un peu plus agressivement :


- Je crois avoir identifié un garçon qui pratique la magie invisible. Dit-elle.
Son maître sembla réfléchir, comme si la phrase méritait un pause philosophique digne de ce nom.


- Un garçon qui pratique la magie invisible, dis-tu... Répondit-il, au bout d'un instant, comme pour lui même. Amène-le moi ! Dit-il soudain, plus brusquement, ce qui fit sursauter Juma. Je le veux ici demain soir, au plus tard.


- Ce sera fait, maître », dit-elle en s'inclinant.
Et elle sortit.



 
 
 
Citation:
Chapitre 4


Aren était dans sa chambre. Il venait de rentrer de chez Léo. Dehors, la pluie avait recommencé à tomber. Dans le salon, ses parents se disputaient. Encore. Sa mère avait annoncé la nouvelle à son père le matin et depuis, tout n'était que disputes dans le petit appartement.

Aren s'allongea sur son lit. Il aurait aimé dormir, mais c'était impossible. Il baissa tout de même les volets coulissants de sa chambre, et essaya de se positionner confortablement pour éventuellement s'endormir ensuite. Aren souffrait d'insomnies depuis qu'il avait cinq ans. Il prenait des médicaments, le soir, mais rien n'y faisait.

La porte s'entrebâilla doucement, et le petit frère d'Aren, Louis, entra. Il devait, comme lui d'ailleurs, en avoir assez d'assister en direct aux disputes incessantes de leurs parents. Il s'assit timidement sur le lit et demanda, de sa petite voix haut-perchée :

« Aren, ça veut dire quoi être hosmoxessuel ? »

Aren soupira longuement, et se releva pour regarder son frère, qui le fixait, les yeux grand ouverts.

« C'est... tu vois... quand un garçon est amoureux d'un autre garçon, ou qu'une fille est amoureuse d'une autre fille. Mais c'est interdit, d'être homosexuel.

- Mais... pourquoi tu l'es alors ? Questionna-t-il. Les parents se disputent tout le temps à cause de ça !
- Eh bien tu vois... ça ne se décide pas d'être homosexuel... ça vient comme ça, sans prévenir. Poum, comme une claque.
- Mais, pourquoi c'est interdit alors ? Demanda-t-il, doucement.
- Écoute, Louis, c'est un peu compliqué... tu es un peu petit pour comprendre ça.
- Mais je suis pas petit ! Je suis un grand, maintenant, j'ai cinq ans !
- Je sais mais... je n'ai pas trop envie de t'en parler maintenant, va demander à papa et maman.
En réalité, Aren savait qu'aller demander à ses parents ne ferait que continuer leurs disputes, et que ce n'était vraiment pas une bonne idée, mais il avait envie d'être seul, et, de plus, même s'il avait eu envie de discuter, son petit frère n'aurait pas été la meilleure personne pour discuter avec lui.

Finalement, son petit frère hocha la tête et sortit, fermant la porte derrière lui. Lorsqu'il arriva dans le salon, Aren entendit la petite voix de son frère qui demandait : « Maman, pourquoi Aren est hosmoxessuel ? »
S'ensuivirent des cris, des pleurs et même un ou deux bruits d'assiette brisée, et Aren s'endormit, pour de bon.


* * * * * 
 
 
 

Juma marchait dans l'air froid de la nuit. Elle était sortie réfléchir un moment.
Quand Juma voulait réfléchir, elle sortait faire une balade nocturne, quand le temps n'était pas trop mauvais. Là, une pluie fine lui apportait un peu de fraîcheur sur le visage, c'était parfait pour une petite promenade.

Elle voulait également, avec cette marche nocturne, se changer les idées. Lorsqu'elle était sortie de la maison des magiciens, qui se trouvait entre la Haute et la Basse-Ville, pour rejoindre son appartement, un peu plus haut vers le palais de justice, elle était rageuse. Il en avait de bonnes, le maître ! Comment attraper un garçon qu'elle n'avait vu qu'une fois, dont elle ne se rappelait même plus le visage ?

Juma serra les poings. Le maître lui avait maintes fois répété l'histoire de son « sauvetage », lorsqu'elle avait quatre ans. A l'origine, Juma était une petite gamine, errante dans les rues de la Basse-Ville, comme la plupart des enfants de son âge. Un jour, alors qu'elle essayait de voler une pomme au marché du quartier des boutiques, le vendeur l'avait vue et l'avait menacée à l'aide d'une fourche de paysan. A ce moment, un éclair avait jailli de ses mains et le marchand de fruits et légumes s'était effondré, foudroyé. Tout le monde avait alors les yeux rivés sur elle. Puis, finalement, on l'avait attaquée, et poursuivie dans les ruelles tortueuses du quartier des boutiques. Autrefois, les magiciens étaient respectés dans les villes, et avoir un mage dans la famille était un luxe incroyable : ils étaient en général engagés dans l'armée, devenaient gardes royaux, ou bien encore généraux ou capitaines de guerre. Ils étaient alors très bien payés, et la famille du mage était assurée de posséder nombre de richesses, et donc de déménager dans une maison plus riche, d'un quartier plus riche.

Mais depuis la nouvelle réorganisation du gouvernement, qui datait d'il y avait maintenant soixante-dix ans, tout avait changé pour les possesseurs de magie. Le « nouveau » gouvernement, qui considérait sûrement les mages comme de potentiels régicides, avait déclaré que « toute personne étant douée de magie devra se présenter dans les plus brefs délais au tribunal de sa ville, et ce, à partir du moment où elle aura pris conscience de ses pouvoirs, pour y être jugée. En effet, la magie étant dangereuse pour la population, le conseil de justice se doit de l'interdire. Toute personne concernée et ne se présentant pas au tribunal sera capturée et exécutée. »

Voilà pourquoi Juma devait vivre dans cette misérable maison, en bordure de la Basse-Ville. Voilà pourquoi elle avait été condamnée, dès sa naissance, à vivre dans la pauvreté et le secret. Elle détestait les gens du conseil. Elle les haïssait. Voilà en partie pourquoi elle avait accepté de rejoindre la guilde clandestine du maître, qui lui avait juré qu'elle pourrait se venger de lui.

Juma avait couru donc dans les rues étroites du quartier des boutiques, poursuivie par des gens fous-furieux qui voulaient sa mort. Finalement, elle avait réussi à se cacher derrière un tonneau et les gens l'avaient perdue de vue. Puis, elle s'était mis à sangloter. Plus jamais elle ne pourrait vivre normalement. Peut être se ferait-elle tuer si elle tentait de retourner chez ses parents ? Elle commençait à désespérer quand il était arrivé. Il l'avait conduit à travers plusieurs passages secrets de la ville, sans lui dire un seul mot. Une fois arrivés en lieu sûr, il l'avait emmené chez lui, dans cette bicoque grinçante qu'elle n'avait plus jamais quittée. Elle y avait fait de nombreuses connaissances. Des gens, comme elle, doués de pouvoirs magiques. Elle pouvait même affirmer s'être fait quelques amis. Et bien sûr, elle avait appris nombre de choses. Maintenant, elle maîtrisait son pouvoir électrique à la perfection, pouvant faire jaillir des éclairs de ses paumes chaque fois qu'elle le voulait.

Oh bien sûr, ce n'était pas non plus une vie de château, et chaque membre de la GAMME (Guilde administrée par le mystérieux maître énigmatique) se devait de participer aux tâches ménagères. En outre, chasser des araignées presque aussi grosses que sa main n'était pas le passe temps favori de Juma. Mais on s'y faisait, avec les années.

Elle contempla le ciel, triste, d'un noir d'encre. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas vu d'étoile briller sur la voûte céleste. Ou même la Lune. C'était à peine si on pouvait voir une tâche de lumière qui perçait les nuages les soirs « de beau temps » mais c'était tout.

Juma reporta son attention sur le garçon qu'elle devait ramener au maître le lendemain soir. Comment allait-elle faire ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Ses pas la menèrent comme par un réflexe vers l'effondrement qu'avait provoqué sans le vouloir le jeune homme le matin même, maintenant entouré de barrières de sécurité. Ce garçon possédait la magie invisible... Une magie que l'on croyait perdue depuis longtemps. Elle avait refait surface ce matin. Juma frémit d'excitation. La magie invisible était une force mystérieuse, voire obscure. On n'en savait rien, si ce n'était qu'elle était invisible aux yeux de tous, même de celui qui la pratiquait, d'où son nom. Seuls les mages les plus puissants arrivaient, après moult entraînements, à la contrôler véritablement. Une magie puissante, certes, mais très compliquée à maîtriser.

Une idée lui traversa soudain l'esprit. Après tout, le maître ne lui avait pas interdit de se faire aider... Elle courut vers les grands escaliers de la ville. La pluie s'étant remise à tomber, lui fouettait le visage. Après avoir descendu une bonne centaine de marches, peut être plus, elle s'engagea dans une petite rue perpendiculaire à la « rue des escaliers » comme l'appelaient les habitants de la cité. Plus sombre, plus étroite, elle donnait l'impression de rentrer dans une inquiétante caverne. Elle détestait le quartier où elle s'apprêtait à s'engager. En passant devant la première maison, elle hésita, seulement quelques minutes cependant.

Et Juma s'engagea dans un des boyaux du quartier le plus mal famé de la Basse-Ville.



* * * * * 
 
 
 

La sonnerie du réveil réveilla Aren, encore une fois, en sursaut. Sept heures moins le quart. Aren s'extirpa de son lit avec difficulté, puis se ravisa. On était Samedi, et il avait oublié de bloquer cette sonnerie de malheur. Il se recoucha dans un grognement de mécontentement, puis changea d'avis encore une fois. Ses insomnies allaient l'empêcher de dormir.

Il descendit dans le salon, évidemment vide à cette heure-ci, et se prépara un chocolat chaud. Il s'installa à la table, en face de la baie vitrée, le regard dans le vague. Il pensait à Léo. A la frayeur qu'il lui avait faite hier. Plus jamais.

Il avala une gorgée de son chocolat, et se mordit la langue. Il était bouillant. Cuire les chocolats chauds ne nécessitait pas un grand don, mais Aren avait toujours été médiocre en cuisine, même pour les choses les plus simples. Il n'arrêtait jamais le gaz au bon moment, et devait toujours attendre avant de porter le bol à ses lèvres. Il reposa le récipient, la langue brûlante, et contempla le paysage aux teintes grises au dehors. La pluie s'était arrêtée, laissant place à un épais brouillard blanchâtre, qui recouvrait la ville, dont les habitants s'éveillaient peu à peu.

Un timide bruit de pas parvint à ses oreilles. Il se retourna et vit son petit frère, les yeux ensommeillés, rougis par le sommeil, les cheveux ébouriffés, traînant un lapin en peluche derrière lui. Accoutré comme ça, dans son pyjama dont les manches trop longues pendaient, son petit frère de cinq ans était absolument pitoyable.

« A... Aren ? Dit-il d'une voix ensommeillée. Tu peux me couper du pain avec du chocolat s'il te plaît ?
- Qu'est-ce que tu fais là toi ? Demanda-t-il. Va te recoucher, il est tôt.
- Mais j'ai fait un cauchemar... Murmura-t-il tout en s'asseyant sur le canapé du petit appartement. J'étais dans une voiture avec toi et maman et un policier venait nous chercher et nous tuait tous... C'était horrible ! » Conclut-il.
A voir ses joues rougies, on voyait bien qu'il avait pleuré quelques minutes auparavant. Aren lui rabattit une couverture sur les épaules, et commença à préparer son petit déjeuner, composé uniquement de pain et de chocolat, ces deux ingrédients semblant être les seuls composants de son alimentation.
« C'est prêt ! » Appela-t-il, en versant du jus de pomme dans le gobelet en plastique qui lui était réservé.

Louis se leva et s'assit sur une chaise, en face de celle d'Aren. Il but une gorgée bruyamment, puis mâchouilla sa tranche de pain, tout aussi discrètement. Il s'interrompit soudain brusquement. Il venait sûrement de se rappeler quelque chose d'important pour lui. Il reprit la conversation en effet, après avoir avalé le morceau de pain qu'il avait dans la bouche :

« Hier papa et maman ont pas répondu à ma question quand je leur ai demandé pourquoi t'étais hosmoxessuel. Ils m'ont dit d'aller me coucher et qu'ils savaient pas. Ça m'énerve moi.
- Oublie ça. Tu sais, c'est pas bien grave après tout...
- Mais t'as dit que c'était interdit hier ! Tu mens ! Tu veux jamais me dire la vérité ! Jamais ! J'en ai marre ! Hurla-t-il. T'es méchant ! »
Et sur ce, il courut se réfugier dans sa chambre. Quelques secondes après, Aren entendit des sanglots étouffés en provenance de la chambre en question. Bah, peu lui importait après tout. Louis était petit, et faisait toujours des colères, comme n'importe quel enfant de son âge.

Des bruits de pas venant du couloir lui firent, une nouvelle fois, interrompre son petit déjeuner, et notamment la tasse de chocolat, qui avait tiédi pendant l'intervention de Louis, et qu'il avait entreprit de commencer. C'était sa mère. En robe de chambre, les cheveux emmêlés et mal coiffés, elle avait l'air beaucoup moins impressionnante que la veille, lorsqu'elle les avait surpris, lui et Léo, en train de s'embrasser. Elle arborait tout de même la même expression pincée qu'elle avait affichée toute la soirée d'hier, ce qui rappelait qu'il ne s'était pas rien passé. Et qu'elle était toujours frustrée par la longue dispute qui avait également eu lieu la veille.

« Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? Lui demanda-t-elle, d'une voix dans laquelle perçait une pointe de colère. Louis m'a réveillée avec ses cris... Tu l'as encore embêté ?
- Non, pas du tout ! Répondit Aren sur la défensive. Tu sais comme il est, un rien l'énerve... dans dix minutes ce sera passé... »
Elle poussa un soupir d'exaspération tout en se dirigeant vers la cuisine. Elle était fatiguée, cela se voyait.

Tandis qu'elle se préparait du café, elle interrogea Aren :

« Ça te dirait de venir prendre l'air un peu tout à l'heure ? »

Aren n'avait pas spécialement envie d'aller se promener, mais, sentant qu'il valait mieux ne pas discuter avec sa mère ce matin là, il acquiesça, et put enfin boire son chocolat chaud, devenu froid durant leur discussion.



* * * * * 
 
 
 

« Je veux y aller avec vous ! »

Aren, exaspéré, s'assit sur une des chaises du salon. Sa mère avait eu la mauvaise idée de dire qu'ils partaient en promenade à table. Maintenant, ils ne pourraient plus partir sans Louis. Car quand Louis avait décidé quelque chose, il était très difficile de l'en dissuader.

« Mais Louis, tu va encore arrêter de marcher au bout d'un kilomètre et il faudra que l'on rentre ! Nous partons pour une grande marche ! Au bout d'un moment tu ne pourras plus suivre ! Essayait-elle de le convaincre.
Mais il n'y avait rien à faire.

« De toute façon, vous voulez jamais de moi, vous êtes méchants ! Et moi je viendrai quand même même si vous voulez pas d'abord ! »

Et Louis se planta là, comme un piquet en plein milieu du salon.

« Qu'il vienne après tout », grogna Aren qui n'avait pas non plus envie de voir tout le monde énervé jusqu'à la fin de la journée.

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous les trois dans la voiture, pour une destination plus ou moins inconnue, le petit Louis à l'arrière posant nombre d'exaspérantes questions.

« Maman, où est-ce qu'on va ? Maman, on marchera pas beaucoup hein ? Est-ce qu'on pourra aller acheter une glace après ? J'ai envie de faire pipi maman ! Et quand est-ce qu'on arrive ? » Ne cessait-il de répéter en boucle, comme un disque rayé. Toutes ces questions étaient accompagnées d'un « chut » d'Aren, qui commençait à avoir un horrible mal de tête.

Il porta son attention sur le paysage qui défilait autour du véhicule. Ils avaient quitté la Haute-Ville pour s'enfoncer dans une des principales avenues de la Basse-Ville. Même cette rue là, pourtant loin du fleuve, était inondée. Les roues de la voiture projetaient des gerbes d'eau boueuse sur les malheureux passants, qui s'écartaient vivement de la route sur son passage.

Ils quittèrent ensuite la Basse-Ville, pénétrant dans la banlieue, sorte de campagne où fleurissaient quelques usines et autres maisons éparpillées dans le paysage.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin dans un petit village, à environ vingt kilomètres de la ville, dont on voyait encore la masse imposante, même à cette distance, Aren sortit immédiatement de la voiture, pour échapper aux impitoyables questions de son frère qui lui avaient déchiré les tympans tout le long du trajet.

Il inspira à pleins poumons l'air de la campagne, et une bouffée d'odeurs emplit ses narines. Même après une forte pluie, la nature gardait ses merveilleux parfums, loin de la pollution de la ville. Pour couronner le tout, un timide rayon de soleil vint percer les nuages, ce qui ne s'était pas produit depuis des mois. Aren était heureux. Il aurait aimé vivre là en permanence.

Louis ne réussit même pas à gâcher sa bonne humeur en scandant qu'il aurait préféré qu'on aille acheter une glace, parce que ça ne sentait pas très bon ici et qu'il n'y avait pas de toilettes. Sa mère le fit taire, agacée, et ils commencèrent leur promenade, empruntant un petit sentier boueux près d'un cours d'eau.

C'était la première fois qu'elle emmenait Aren ainsi hors de la ville, et il fut surpris de constater que, pour une des premières fois de sa vie, il était bien. Même Louis ne pouvait pas lui ôter son optimisme.

Ils continuèrent ainsi leur excursion, progressant tantôt dans les bois, tantôt dans les champs, devant parfois traverser un ruisseau en passant sur des pierres plus ou moins stables, marchant parfois dans la boue. Sa mère semblait heureuse, Aren l'était aussi. Même Louis, d'ordinaire réticent à l'idée de marcher, commençait à se prendre au jeu.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin près de la voiture, tout le monde était exténué. Aren félicita Louis, qui malgré son jeune âge avait très bien marché sans même se plaindre.

« On pourra revenir ? Demanda-t-il, enjoué à l'idée de recommencer cette promenade.
- Bien sûr ! Répondit sa mère, heureuse que les garçons aient apprécié sa petite idée. Avant, j'habitais dans le village dans lequel nous nous sommes arrêtés, je faisais toujours cette promenade avec mes parents...
- Et est-ce qu'après ils allaient t'acheter des glaces ? Demanda Louis.
- Oh ça va, j'ai compris, sourit-elle. Direction, le marchand de glaces alors ! S'exclama-t-elle en tournant la clé de contact.
Il sembla à Aren que parcourir à nouveau les endroits de son enfance avait rempli sa mère de joie et de bonne humeur. Il était heureux lui aussi, et il aurait aimé que tous les après-midis soient ainsi. Sans pluie, amusants, en pleine campagne, remplis de bonne humeur.

Lorsqu'ils arrivèrent près de la boutique du marchand de glace, ils eurent du mal à trouver une place pour se garer. On aurait dit que tous les habitants de la ville s'étaient donné rendez-vous ici, pour profiter de ce qui serait sans doute le seul rayon de soleil de tout un été. Finalement, après s'être parqués dans une ruelle à deux pâtés de maisons, ils se dirigèrent vers la boutique qui affichait fièrement sur son enseigne : « La Glacerie de la falaise »

« Fraise-Vanille pour moi ! » Scanda Louis, quelques minutes plus tard, quand ils eurent atteint le vendeur, lorgnant avec envie les appétissantes barquettes de glace derrière la vitre.

« D'accord, et pour ce monsieur ? Demanda le vendeur, un gros bonhomme aux imposants sourcils roux qui lui cachaient la quasi-totalité des yeux.
- Framboise-Passion s'il vous plaît », dit simplement Aren.
- Et pour moi juste Fraise, s'il vous plaît, compléta leur mère.

Une fois qu'elle eut payé, ils allèrent s'asseoir sur un petit muret au bord de la falaise, et entreprirent de manger les délicieux sorbets de la glacerie. Aren était vraiment satisfait de cet après-midi en famille, et il ne doutait pas que sa mère et son frère l'étaient aussi.

« Tiens, des policiers, remarqua-t-il en voyant les gens en uniforme bleu foncé débarquer d'une de leurs voitures. Qu'est-ce qu'ils font là ?
- Oh, ils doivent être chargés de faire une ronde, sans doute. Pas de quoi s'inquiéter », ajouta-t-elle, en lui lançant un regard appuyé qui en disait long.
Les policiers s'approchèrent et s'assirent pile à côté d'eux pour communiquer quelque chose par talkie-walkie. Les voir à côté de lui alors qu'il cachait des choses à la justice mettait Aren très mal à l'aise, mais, comme l'avait dit sa mère, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.
Il continua donc de manger sa glace, déjà entamée jusqu'à la moitié, tandis que son frère continuait de regarder les policiers, les yeux dans le vague. Il semblait essayer de se rappeler de quelque chose, quelque chose qui devait être important car il fronçait les sourcils. Puis, après un instant de silence, son visage s'éclaira, et il dit haut et fort, tout fier de s'être souvenu de sa question :
« Maman, il y a quelque chose que je voulais te demander : Pourquoi Aren est hosmoxessuel si c'est interdit alors? »

Et tous les policiers tournèrent leur tête vers lui.
  
 

 
 
Chapitre 5 

 
Léo s'était ennuyé tout l'après-midi. Il avait essayé d'appeler Aren. Injoignable. Ses parents ? Ils travaillaient le week-end. Ne restaient que des gens du collège avec qui Léo ne s'entendait pas forcément « très bien ». C'était ainsi qu'il avait passé l'après-midi sur l'ordinateur, à s'occuper avec toutes sortes de jeux idiots. Mais quand on peut éviter l'ennui, d'une quelconque façon que ce soit, on l'évite.


Après avoir eu tellement mal au dos qu'il avait été obligé d'arrêter l'ordinateur, ce qui n'était pas plus mal d'ailleurs, il s'assit sur son lit et regarda par la fenêtre. La trou béant était toujours là. Cerné par des barrières de protection, surveillé par des policiers, dont les voitures étaient garées un peu plus bas dans la rue.


C'est alors qu'il les vit. Une fille aux cheveux blonds, flanquée de deux hommes robustes à l'air pas particulièrement intelligent, et d'un petit homme qui lui fit tout de suite penser à un rat avançait dans la rue. Immédiatement, il sut qu'il fallait s'en méfier. Ces trois là ne lui disaient rien qui vaille, et il observa leur marche dans l'avenue, guettant l'endroit où ils allaient s'arrêter.


En les regardant un peu plus attentivement, il comprit, à leurs coups d’œil jetés un peu partout autour d'eux, qu'ils cherchaient quelque chose. Ou quelqu'un. Cette pensée fit frémir Léo. Et si c'était lui qu'on cherchait ?


Mais non, ces gens là n'avaient pas l'air d'être de la police, ni des inspecteurs. Et puis, comment aurait-on pu savoir que c'était en partie sa faute si la voiture était tombée dans le précipice ?
Non. Impossible. Après tout, ces gens pouvaient très bien chercher leur chien. Oui, c'était sûrement ça.


Celui à la face de rat regarda alors dans sa direction. Leurs regards se croisèrent et l'homme sursauta presque immédiatement. Il avertit immédiatement la fille aux cheveux blonds, qui avait l'air d'être la cheffe, et lui montra la fenêtre par laquelle Léo regardait. Il sut alors que c'était vraiment à lui qu'on en voulait, et referma les rideaux bleus de sa chambre d'un coup sec.


Quelques instants plus tard, on frappait à la porte. Léo décida de ne pas ouvrir. Mais que lui voulait-on ? Un détail qui lui avait échappé jusqu'à maintenant lui revint en mémoire : la femme du trottoir, le jour de l'accident. Il en était sûr maintenant, la fille blonde et elle ne faisaient qu'une. Mais la même question persistait toujours dans sa tête : Que lui voulait-on ?


Ça ne pouvait être en rapport avec son homosexualité, ou ce seraient des policiers ou des gendarmes qui seraient venus. Alors avec l'accident ? Mais qu'avait-il fait pour que la fille qui avait assisté à la scène revienne le voir ? Et qui-plus-est, flanquée de deux colosses et d'un rat ?


On frappa une nouvelle fois. Léo réfléchit un instant à ce qu'il allait faire, puis descendit finalement dans le salon, et cria :
« Qu'est-ce que vous voulez ?
Une voix, celle de la jeune femme, lui répondit :
 - Nous voulons te parler ! En effet, notre maître veut te voir pour que tu passes un entretien !
 - Un entretien ? S'enquit Léo, de plus en plus abasourdi par la tournure que prenaient les événements.
- Oui, un entretien ! Répondit-elle. Pour pouvoir apprendre à pratiquer la magie avec nous !
De la magie ? Léo croyait que ça n'existait même plus ! Alors que lui même soit magicien, c'était absolument incroyable !
- Je ne suis pas magicien, répondit-il simplement. Maintenant partez.
 - Nous n'en avons pas l'intention, rétorqua la femme d'une voix doucereuse, qui semblait particulièrement agacée. Et bien sûr que tu pratiques la magie ! S'offusqua-t-elle. Comment crois-tu que la voiture aurait été projetée dans le précipice hier matin, sinon ?
 - C'était un accident ! La magie n'a rien à voir là dedans, répondit-il, cherchant désespérément quelque chose qui pourrait lui permettre de ne pas aller avec eux.
- Viens avec nous, tu es magicien, et tu l'as très bien compris ! Si tu ne viens pas de ton plein gré, nous t'emmènerons de force ! Cria la fille, de plus en plus hystérique.
- Non, je vous répète que vous faites erreur ! Hurla-t-il.
Cette fois, c'en était trop pour la fille, qui dit simplement :
- Très bien ! Dans ce cas, nous arrivons tout de suite ! Nick, Owel, ouvrez-moi cette porte ! »
Quelques instants plus tard, la porte volait en éclat. Léo dut faire un écart pour éviter que des copeaux de bois ne se plantent dans son corps. Les objets du salon n'eurent pas cette chance. Certains coussins furent éventrés, un vase se brisa sur le sol, des tableaux allèrent se fracasser par terre, et la collection de bateaux miniatures posée sur le buffet connut quelques dégâts importants.
La blonde entra ensuite dans le salon, nullement gênée par le désastre qu'elle avait causé dans la petite pièce. Les dénommés Nick et Owel, dont les visages plus détaillés lui firent immédiatement penser à des têtes de gorilles, ainsi que le rat, la suivaient toujours.
« Alors, toujours décidé à nous tenir tête ? » Demanda-t-elle, moqueuse.
Léo était vraiment en colère. En colère contre cette fille qui avait massacré son salon juste pour qu'il vienne avec elle et sa bande de dégénérés. Il aurait, à ce moment là, vraiment eu envie d'étrangler quelqu'un, elle en particulier.


Il sentit alors une très étrange sensation de chaleur à l'intérieur de sa main. Cette même sensation qui lui était arrivée la veille au matin, lorsque « l'accident » s'était produit. Oui, maintenant il s'en rappelait très bien. Cela ne l'avait pas marqué sur le coup, mais maintenant, il comprenait pourquoi le conducteur avait fait un écart en lui passant devant. En agitant les mains, Léo avait dû fissurer son pare-brise ou faire éclater un de ses phares


« Oui », répondit-il finalement, un sourire vengeur sur le visage. Et il sentit alors une immense vague d'énergie, pourtant invisible, déferler hors de ses mains, balayant ses quatre ennemis au passage. Léo sortit ensuite dans la rue, pour voir où ils avaient fini leur course, et constata que le souffle dévastateur sorti de ses mains avait fait de sérieux dégâts dans la petite avenue.


Les feuilles des arbres des jardins avoisinants avaient été presque toutes arrachées, si bien que la rue en était jonchée. La voiture de police était renversée sur le dos, tandis que ses propriétaires se relevaient tant bien que mal, six mètres plus loin, abasourdis par ce qui venait de leur arriver. Les quatre lascars étaient parmi eux, complètement horrifiés d'avoir essuyé une si amère défaite, et ils partirent. Certes, d'une façon un peu plus bancale que lorsqu'ils étaient arrivés, mais ils partirent tout de même. Et pour Léo, c'était tout ce qu'il comptait.


*


Juma était prise d'une atroce douleur à la jambe. Elle se l'était écorchée sur toute sa longueur lors de la fin de son pitoyable vol plané que leur avait infligé le garçon, quelques minutes plus tôt. Il était trop fort pour eux. Elle lui donnait à peu près seize ans, il n'avait aucune expérience, et pourtant, il les avait balayés avant même qu'ils aient le temps de réagir. Elle n'avait même pas eu le temps d'activer sa magie électrique qu'un souffle dévastateur les envoyait six mètres plus loin. Ils l'avaient sous-estimé.


Au début, tout avait marché comme sur des roulettes. Erton l'avait localisé grâce à son pouvoir, comme prévu, puis ils avaient essayé de le convaincre de venir avec eux. Juma savait que ça n'allait pas être une mince affaire, elle n'avait donc pas été étonnée lorsqu'il avait refusé. C'était là que les choses s'étaient gâtées. Et la fin... elle n'osait même pas y penser. C'était sans aucun doute la plus grande humiliation de toute sa vie. Tout ça pour une blessure à la jambe !


Ses compagnons n'étaient guère mieux. Nick avait dû se casser une jambe, car il devait s'appuyer sur Owel pour marcher. Celui-ci avait plusieurs dents cassées, et sa tête saignait à un endroit, près de l'oreille gauche. Quant à Erton, il avait le dos, les jambes et les bras recouverts d'entailles qui lui faisaient un mal de chien. C'est avec un soulagement mêlé d'une certaine crainte qu'ils atteignirent enfin le quartier général de la GAMME.


Juma laissa les autres regagner leurs chambres respectives, pour aller faire son rapport désastreux au maître, seule.


La veille au soir, lorsqu'elle était allée chercher successivement les deux jumeaux, Nick et Owel, puis Erton, elle était sûre de réussir. Dans sa tête, son plan était infaillible. Nick et Owel possédait la magie du feu, pouvant ainsi brûler ou faire voler en éclat quasi tous les obstacles pouvant se présenter sur leur chemin. Quant à Erton, il n'était certes, utile à rien lors d'un combat, mais il avait le don magique très utile de pouvoir détecter les auras magiques présentes dans un cercle de cent mètres. Ainsi, avec le pouvoir de ces trois là et sa magie des éclairs combinés, elle était certaine de ramener le jeune magicien en respectant le timing du maître.


Mais rien n'avait marché comme prévu, et Juma avait failli à sa mission. C'est en s'attendant au pire qu'elle rentra dans le bureau de son supérieur, des gouttes de sueur perlant sur sa nuque.


« Où est le jeune mage que tu devais me ramener ce soir ? Questionna-t-il, très calme.


Juma serra les dents, inspira un grand coup, puis se lança :
- Il n'est pas là maître, je n'ai pas réussi à vous le ramener.
L'expression du maître passa directement de « très calme » à « en colère », si bien que son teint vira au rouge tomate presque immédiatement.
- Comment ? Hurla-t-il. Tu arrives, après tous les entraînements que je t'ai fait suivre, après toutes les techniques que je t'ai apprises, à perdre contre un adolescent qui ne connaît même pas ses pouvoirs, et qui n'a jamais rien appris ?
Il était littéralement furieux.
- Mais, maître... protesta-t-elle timidement. Il pratique la magie invisible... Vous ne comprenez pas... C'est un puissant mage...
- Même ! Je ne veux pas le savoir, Juma, tu n'as pas à perdre contre un gamin de seize ans inexpérimenté, quelle que soit la magie qu'il possède ! Si c'est comme ça, je vais confier la mission à quelqu'un d'autre... Erton par exemple, il a plus de stratégie lui, au moins !
- Euh... le problème c'est que... pensant que je n'y arriverais pas seule, j'ai appelé Owel, Nick et Erton pour m'aider...
- En plus ! Hurla le maître, fou de rage. Sors d'ici, je ne veux plus te voir, je déciderai de ta punition plus tard ! Et amène-moi Éric ! Il sera sûrement plus qualifié que toi pour attraper ce gamin !
Juma sortit de la pièce au bord des larmes. Elle allait avoir une punition. Elle qui avait toujours été l'élève modèle, que le maître citait aux autres comme exemple à suivre. Maintenant, elle était déshonorée. Après ce qu'elle avait fait, elle ne remonterait plus jamais dans l'estime du maître.


Et Éric ! Pourquoi le maître pensait-il que cet imbécile prétentieux réussirait mieux qu'elle ? Il était arrivé bien après elle dans la guilde, et avait beaucoup moins de technique ! Peut être le maître avait-il fait ça pour la ridiculiser ? Elle n'en savait rien. Tout ce qu'elle savait, c'est que cette journée avait été la pire de son existence. Et que ce garçon allait payer pour cette humiliation.


*


« Mais puisque je vous dis que ce petit ne sait pas ce qu'il dit ! Hurlait la mère d'Aren au désespoir. Je vous dis de me lâcher tout de suite !
- Ouais, ouais, on connaît, ça ! Susurra un grand policier aux larges épaules qui avait visiblement l'air de bien s'amuser. Vous allez quand même nous suivre bien gentiment au commissariat tous les trois, je sens que vous allez avoir des choses très intéressantes à nous dire ! »
Le cœur d'Aren s'était arrêté de battre un instant lorsque son frère avait prononcé la phrase clé. Il était maintenant pris d'affreuses sueurs froides. Pourquoi avaient-ils accepté de l'emmener en promenade ? Pourquoi ?
Celui-ci, justement, ne comprenait pas exactement pourquoi sa question avait provoqué tant d'agitation. Il jetait des regards apeurés aux trois vigiles qui lui lançaient des regards sévères, et à sa mère et son frère qui n'en menaient pas large.



« Eh bien, qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda-t-il, un peu inquiet.

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Dernière édition par Cedric le Sam 11 Oct - 18:45 (2014); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 1 Sep - 17:05 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Gregory Perkins

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Serpentard
MessagePosté le: Lun 1 Sep - 17:21 (2014)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est Répondre en citant

Hum hum ...


Je me répète xD Ta fiction est vraiment bien écrite ! J'aime beaucoup ton style ! L'idée est bonne et tu donnes vraiment envie de lire la suite (que j'ai hâte de lire Très Content), Bref une fiction très bien écrite ... parfaite même ! Je suis vraiment content que tu l'aies postés ici ! J'attends la suite Mignon

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Laury Potter

Gryffondor


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Gryffondor
MessagePosté le: Lun 1 Sep - 23:16 (2014)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est Répondre en citant

Waw Mignon
magnifique histoire bravo , j'ai hate de lire la suite ! Très Content

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Cedric

Serdaigle


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Serdaigle
MessagePosté le: Sam 11 Oct - 18:32 (2014)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est Répondre en citant

Han merci Laury, Scorpius, je suis super content que ça vous plaise ! Mignon


EDIT: Le Chapitre 5 est dans la place ! \o/

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[e] by me \o/
- Rose ♥ -

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Laury Potter

Gryffondor


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Gryffondor
MessagePosté le: Sam 18 Oct - 02:15 (2014)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est Répondre en citant

Le chapitre 5 est génial ! 
Très Content 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:31 (2017)    Sujet du message: [Fanfiction - Roman] Lumen Fabulam Est

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